FUTURE
French UniversiTy on Urban Research and Education

check
Skip to main content

PARVIS

PARoles de VIlleS

Description du projet

Le projet consiste à étudier les représentations de la ville future, pour identifier les facettes des imaginaires futuristes urbains, notamment en matière de changement climatique. L’objectif est de clarifier, non seulement l’imaginaire des villes du futur, mais le sentiment futuriste des habitants des villes reflété dans les médias et dans les discours des décideurs, afin de mesurer leur liaison ou, au contraire, leur décorrélation. L’originalité du projet consiste à mener cette confrontation en décloisonnant des types de discours contrastés (science-fiction, littératures générales et populaires, cultures médiatiques, discours sociaux) et en créant les conditions d’une démarche de recherche-création inédite en France. 

Trois régimes de recherche seront donc combinés : une recherche fondamentale sur la climate fiction (thèse), des recherches appliquées sur les représentations narratives, dessinées, émotionnelles de la ville future, et une recherche-création (littérature et musique).

Contexte du projet et de la recherche : enjeux sociétaux et scientifiques

En s’intéressant aux représentations de la ville future, PARVIS s’inscrit dans le cœur de projet de l’I-Site FUTURE. Par rapport aux dynamiques actuelles de la recherche en lettres et arts, PARVIS se positionne de façon triplement innovante :

  • en décloisonnant les corpus de littérature, fictions de genre et cultures médiatiques, ainsi que les méthodes d’analyse et de réflexion.
  • en promouvant une démarche de recherche-création.
  • en accordant une place majeure aux intérêts et aux objectifs des acteurs civils.

Dans les disciplines littéraires, la ville est une question ancienne de la littérature comparée, de la critique thématique et de l’histoire littéraire (notions de capitales littéraires, de ville comme personnage à part entière, de narration chorale ; motifs de de la flânerie, modernité selon Baudelaire et Benjamin). Comme dans tous les autres secteurs de la critique thématique, l’étude littéraire de la ville a migré vers études culturelles désormais dominantes, qui se consacrent aux problématiques du p/matrimoine, de l’aménagement, de la médiation-insertion. Les imaginaires littéraires y sont encore peu exploités et lorsqu’ils le sont c’est en se soumettant aux clivages de valeur entre littérature de genre (comme la SF) et haute littérature générale.

Au sein de la science-fiction, la climate fiction est un sous-genre d’apparition récente. Les travaux académiques pionniers sont ceux de la revue Science Fiction Studies (2018), partenaire du projet. L’afrofuturisme dispose quant à lui d’un corpus critique en langue anglaise encore quasi inexistant en français ; G. Dupetit est pionnier dans ce domaine avec sa thèse (2013).

Le paradigme de la recherche-création, désormais bien ancré dans le paysage universitaire nord-américain, émerge peu à peu en France. Cela donne lieu à de nouveaux modes de production des connaissances, qui induisent des expérimentations et des innovations méthodologiques. Le format le plus connu de recherche-création est celui des nouveaux mémoires fondés sur la production parallèle d’une création et d’un texte théorique produit par son créateur, qui analyse les processus de création de son œuvre. Le modèle que nous souhaitons expérimenter se déploie à une échelle plus ambitieuse. En littérature, il s’inspire par exemple de l’expérience du Launch Pad Workshop (atelier de création financé par la NASA).

Les acteurs de la société civile (ONG, entreprises, agences étatiques, etc…) sont nombreux à s’emparer des codes de la pop culture en général et de la science-fiction en particulier pour créer des communications et des contenus n’appartenant pas à un registre moralisateur sur les questions environnementales et climatiques. Leur but est à la fois de pouvoir profiter d’un référentiel culturel partagé et d’en appeler aux émotions attachées à ces imaginaires ludiques.

Le champ des « urban studies » a intégré depuis quelques décennies les discours sur la ville, qu’ils soient parlés ou écrits. D’ambitieux travaux lexicographiques font désormais place à une perspective élargie à la mise en contexte dans des discours constitués, savants ou non. Le propos sera ici centré sur un corpus plus rarement exploré dans le domaine, celui des supports promotionnels ou de vulgarisation. Ils seront examinés avec les outils de la linguistique praxématique et plus particulièrement de l’analyse du discours, en gardant toujours à l’esprit l’importance de la dimension visuelle (dessins, maquettes, films d’animation) du propos.

Dans la discipline architecturale, le futur urbain se décline en visions superposées sinon contradictoires : les projets des Métabolistes japonais des années 60 restent porteurs d'un imaginaire attaché au progrès technique et industriel, pendant que les images dystopiques produites par Superstudio dans la décennie suivante gardent une portée critique forte pour la ville « telle qu'elle va ». De nouveaux idéaux, de nouvelles quêtes s'imposent. Aussi, l'intérêt pour la ville horizontale, pauvre ou modeste constitue le lieu de recherches (re)naissantes susceptibles de faire naître de nouvelles représentations sociales de la ville pauvre. Les questions historiques posées par ceux qu'on appelle aujourd'hui les migrants et les recherches toutes disciplines confondues sur leurs conditions d'accueil apportent de l'eau à une vision qui ne lirait plus seulement la ville informelle comme l'envers d'un décor peuplé de victimes mais peut-être comme un lieu de résilience et d'énergie.

Objectifs - Tâches et "livrables" ou résultats attendus

Recherche fondamentale (thèse financée) : la ville dans la climate fiction (« cli-fi »), sous-genre émergent des fictions spéculatives et d’anticipation. Nous définissons la cli-fi comme une fiction de genre où il faut y observer non seulement des textes, des films, des jeux, des thèmes, des récits et des histoires, mais une convergence de fonctionnements poétiques et de discours sociaux où tous les acteurs d’un système culturel sont associés dynamiquement et font émerger un imaginaire actif du futur. Les scénarios-catastrophes dialoguent avec les avenirs radieux, les fables post-apocalyptiques résonnent avec des visions positives telles que celles que visent activement les acteurs publics et privés du storytelling environnemental. L’afrofuturisme, les récits de cohésion urbaine par recyclages et startégies adaptatives y seront associés.

Recherche appliquée : la ville, de la fiction aux perceptions et à la promotion (trois groupes de travail)

Groupe « slum city » (architectes) — Etude de la place du bidonville dans l'imaginaire visuel des futurs urbains. On élaborera une description en images de quartiers informels dans lesquels ils travaillent et confronteront la saisie du réel aux œuvres de science-fiction romanesques, dessinées et/ou filmées.

Groupe « storytelling » (architectes, urbanistes) — Etude des avenirs positifs tels que mis en mots et en images par les politiques, les aménageurs et les promoteurs immobiliers ainsi que dans les documents de planification urbaine, en particulier l’opérateur Epamarne, avec en particulier ses écoquartiers et son ambitieux Village-Nature®, ainsi que le cas très particulier de La Défense.

Groupe « carto » (informaticiennes) — Application des questions de recherche en traitement automatique des langues sur l'identification, dans les corpus sélectionnés, des lieux (en tant que zone socialement reconnue et distinguée) et des objets caractéristiques localisés dans les villes décrites, ainsi que des informations perceptives associées à ces lieux et objets localisés. On mettra en œuvre une méthode collaborative telle qu’expérimentée dans le séminaire EHESS « Cartes sensibles ».

Recherche-création (résidences d’artistes) : on associera à la recherche un écrivain.e et un binôme de créateurs musicaux. Le genre de la science-fiction semble particulièrement propice à ce type de démarche en ce sens qu’il recoupe à la fois l’imagination littéraire procède d’un état des connaissances scientifiques à une époque donnée, à partir desquelles l’écrivain.e produit des spéculations sur le futur. De plus, littérature et création sonore se recoupent déjà en bien des points : prosodie, rapsodie, poésie chantée, slam ou rappin’. À travers leur implantation au sein de l’espace urbain, leur présence et leur mise en territoire en font des objets majeurs d’une réflexion possible autour d’une organisation sociale globale de la ville du futur. 

Porteurs et partenaires du projet

Porteuses : Irène Langlet (UPEM, LISAA), Virginie Tahar (UPEM, LISAA)

Partenaires dans l’I-Site FUTURE : Bah Hélène (LISAA, UPEM), Bonin Olivier (LVMT, IFSTTAR), Dominguès Catherine (LaSTIG, ENSG), Dupetit Guillaume (LISAA, UPEM), Ferrari Federico (ACS, Ecole Paris Malaquais), Ippoliti Jacques (EAVT), Joffroy Pascale (EAVT), Laliberté Martin (LISAA, UPEM), Morel Journel Guillemette (ACS, Ecole Paris Malaquais), Nilchiani Azadeh (LISAA, UPEM), Nivet Soline (ACS, Ecole Paris Malaquais), Sanchez Laurène (LISAA, UPEM)

Partenaires extérieurs : Brean Simon (CELLF XVI-XXI, Sorbonne Université), Chelebourg Christian (LIS, Université de Lorraine), Evans Arthur (University DePauw, USA), Frénay Virginie (MéL, Maison des écrivains et de la Littérature), Cheikh Moussa Sami (ONG ECOLO INFO Place to B), Evans Arthur (Science Fiction Studies)

keyboard_arrow_up