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METROPAL

Firmes globales, stratégies et gouvernance des métropoles mondiales : une comparaison Londres, New York, Paris

Description du projet

Partant de l’idée que la globalisation introduit de nouveaux acteurs puissants, les firmes globales, dans la gouvernance métropolitaine, il s’agit d’analyser le rôle que ces acteurs jouent dans cette gouvernance, notamment à travers l’analyse de leur implication dans les stratégies de développement des métropoles. La recherche procèdera par une comparaison des métropoles de Londres, New York et Paris. Le projet METROPAL vise à tester la faisabilité de cette analyse au regard des risques encourus en termes d’accessibilité à l’information car les acteurs concernés sont opaques et les informations recherchées sont par nature stratégiques et donc confidentielles ; en termes de méthode car l’analyse comparative exige un protocole de recherche commun comparatif dans des environnements politiques, économiques et socio-culturels très différents ; en termes de prise en compte de l’actualité avec le Brexit et les nouvelles politiques de l’administration fédérale républicaine aux Etats-Unis. 

Contexte du projet et de la recherche : enjeux sociétaux et scientifiques

L’avenir des métropoles mondiales a partie liée avec celui des grandes firmes et inversement. Les travaux de géographie économique ont montré comment la concentration géographique des fonctions centrales des firmes mondiales dans quelques grandes villes avait promu un petit « club » de métropoles dites globales offrant des avantages compétitifs comme nul autre espace.

Dans ce cadre, deux grands courants de pensée se partagent le débat sur les rapports entre globalisation et gouvernance des métropoles. D’un côté les néo-marxistes considèrent que la gouvernance des métropoles est la résultante d’une globalisation qui, parce qu’elle impose des politiques de compétitivité, a donné le pouvoir aux grandes firmes. Pour ceux-ci donc, la question de l’implication des firmes et des raisons d’être de cette implication est résolue ipso facto.

D’un autre côté, les néo-wébériens considèrent que les villes sont des lieux de conflits et d’accords entre des groupes d’intérêt divers et disposant d’une capacité de choix. A ce titre, leur gouvernance peut faire la part belle aux firmes mais peut aussi donner du pouvoir à d’autres acteurs.
Dans la poursuite des travaux sur la « local dependence », K. Cox propose la notion d’« espace d’engagement » qui correspond à l’espace des relations qu’un agent a besoin de construire pour « sécuriser » son espace de dépendance.

 

D’autres approches s’intéressent aux relations entre les firmes et les pouvoirs publics (régimes urbains, coalitions de croissance), mais la question de la globalisation et des acteurs qu’elle met en avant n’est jamais directement abordée. Sur ce dernier aspect, la théorie de la « dépendance locale », développée par K. Cox et A. Mair a proposé une interprétation intéressante mais qui demeure sans véritable validation empirique. L’hypothèse principale de cette théorie est que les firmes s’impliquent parce qu’elles sont dépendantes du territoire local. Cette dépendance repose sur les « relations localisées », c'est-à-dire des relations dont les entreprises ne peuvent se passer pour la réalisation de leurs intérêts essentiels et pour lesquelles il n’y aurait pas de substitution possible ailleurs. C’est cette idée d’absence de substitution qui caractérise ces relations localisées et qui fait donc la spécificité, voire l’unicité du territoire pour les acteurs.

Objectifs

Ce projet de recherche a pour principal objectif de décrypter la boite noire du rôle des grandes firmes globales dans la gouvernance des métropoles mondiales. Il s’agit d’un sujet jusque-là peu étudié, qui nécessite de surmonter un certain nombre d’obstacles méthodologiques, mais dont la connaissance est pourtant cruciale pour comprendre le devenir de ces métropoles. Cet objectif ambitieux nécessite une validation de sa faisabilité à travers l’élaboration d’un protocole de recherche complet, alliant aspects théoriques et démarche empirique.

Notre projet de recherche porte directement sur l’implication des firmes globales dans la gouvernance urbaine et notamment sur les raisons qui l’expliquent, les modalités qui sont utilisées et, ultimement, sur l’impact de ce processus sur la conduite politique des métropoles et le caractère démocratique de leur gouvernance. Nous faisons l’hypothèse que les relations croissantes entre privés/économiques et publics/politiques présentent plusieurs variantes et que pour en saisir toute la complexité, la comparaison et la diversité d’approches sont deux objectifs incontournables.

Porteurs et partenaires du projet

Christian Lefèvre, Professeur à l’UPEM, chercheur au LATTS, spécialiste des questions de gouvernance et de stratégies métropolitaines sur les grandes villes mondiales

Julien Aldhuy, Maître de conférences à l’UPEC, chercheur au lab’urba, spécialiste des questions de développement économique dans les stratégies de territoires et les projets urbains

Laurent Terral, chercheur au LVMT, spécialiste des questions de géographie économique

En partenariat avec

 
 
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